Société d’ Histoire de Revel Saint-Ferréol                                       PARU DANS  LES CAHIERS DE L’ HISTOIRE numéro 1 - 1994

 

 

NOMS DE LIEUX ET DE FAMILLES DE LA REGION DE REVEL

 

Par Paul Redon

 

RETOUR ACCUEIL

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

 

 

PREFACE     

NOTE LIMINAIRE    

 

ORONYMIE DE LA MONTAGNE NOIRE

NOMS DE FORETS     

NOMS DE SOURCES  

NOMS DE GROTTES  

ORONYMES DIVERS

           

ORIGINE DES NOMS DE VILLES ET DE VILLAGES DES ENVIRONS DE REVEL

 

HYDRONYMIE DE LA REGION DE REVEL

           

ORIGINE DES NOMS DE METAIRIES ET DE LIEUX-DITS DE REVEL      

NOMS DES QUARTIERS DE REVEL

NOMS DES RUES DE REVEL

           

ORIGINE DES NOMS DE FAMILLES

NOMS D'ORIGINE OCCITANE 

NOMS D'ORIGINE GERMANIQUE

           

SURNOMS ET SOBRIQUETS     

SURNOMS ET SOBRIQUETS MASCULINS

SURNOMS ET SOBRIQUETS FEMININS

           

SOURCES

 

RETOUR BASTIDE DE REVEL

 

PREFACE

 


Après les fastes du 650ème anniversaire de la fondation de notre ville, la Société d'Histoire de Revel­ Saint-Ferréol a retrouvé sa sérénité et sa disponibilité pour envisager maintenant de publier les premiers résultats de ses recherches et investigations.

 

La première publication a d'ailleurs été éditée à l'occasion des fêtes du 8 juin dernier. Il s'agit de "Revel » raconté par Pierre Antoine Barrau, Léodère Géry et Gustave Doumerc, ouvrage rassemblant les œuvres des trois historiens revélois.

 

 Celles de Barrau et de Géry qui datent du XIXe siècle, étaient restées à l'état de manuscrits. Leur édition s'imposait donc avant toute autre considération et constituait un hommage préalable à leurs auteurs.

 

Mais ces ouvrages, malgré tout leur mérite, s'ils ont sauvé de l'oubli l'essentiel du passé revélois, n'ont pas pour autant épuisé le sujet. De nombreux points et même certaines périodes entières restent encore fort obscurs et nécessitent des recherches approfondies.

 

Nous serions curieux par exemple de connaître comment se présentait à l'époque gallo-romaine le paysage de la plaine de Revel que l'on sait avoir été couverte de "villae" et d'exploitations agricoles prospères.

 

Nous aimerions aussi avoir des lumières sur les IXème et Xème siècles qui ont vu l'établissement de la féodalité. Nous ne connaissons à peu près rien de la seigneurie et ensuite de la ville de Vauré, laquelle est vraiment l'ancêtre de notre ville. Nous ignorons totalement quel fut son sort durant les quarante années de l'époque cathare.

 

L'énigme du château de MontRevel n'est toujours pas résolue; de même l'origine du nom de Revel n'est pas établie avec certitude.

 

Nous aimerions aussi restituer la vie quotidienne à Revel pendant le siècle de Cocagne, avant que ne se déchaînent les fanatismes des guerres dites de religion.

 

Le grand Riquet a passé quelques années dans notre ville qui furent décisives pour la réalisation de son œuvre, et nous ne connaissons pratiquement rien de son séjour chez nous.

 

L'histoire de Revel pendant la Révolution reste à écrire.

 

Quels furent les premiers Montagnards ? Un sujet très général pourrait même être proposé comme thèse universitaire : c'est l'étude des causes, circonstances et conditions ayant poussé les Revélois à embrasser à partir de 1560 la religion réformée, et ensuite, au cours des siècles ultérieurs, la prodigieuse reconquête des consciences par l'Eglise catholique, transformant un foyer ardemment calviniste en un modèle de paroisse catholique romaine, au point d'être surnommée au XIXème siècle la "Vendée du diocèse de Toulouse ".

 

Les sujets contemporains sont également nombreux. Citons entre autres :

- les progrès de l'instruction publique dans notre ville tout au long du XIXème siècle ;

- l'essor industriel à partir du Second Empire ;

- la formation à partir de 1880 du parti "républicain" et les débuts de l'école "laïque ";

- et à partir de 1945 l'extraordinaire expansion territoriale de notre ville, sans oublier deux problèmes majeurs de notre temps, la baisse de la natalité et l'exode rural.

 

Les travaux ainsi évoqués ne sont que des exemples. La liste ci-dessus n'est nullement limitative. Le champ d'investigations reste très étendu et nous réserve sans doute quelques surprises.

 

A ce jour, plusieurs travaux effectués par des membres de la Société d'Histoire sont terminés et peuvent être portés à la connaissance des Revélois.

 

La formule retenue pour leur publication est celle d'une publication périodique de "Cahiers de l'Histoire de Revel ", à raison de deux livraisons par an, qui pourraient être portées à trois si la moisson s'avérait particulièrement abondante.

 

La Société d'Histoire de Revel-Saint-Ferréol souhaite que les Revélois fassent le meilleur accueil à ces Cahiers inédits et que, retrouvant avec l'éveil de leur curiosité de nouveaux motifs pour aimer le passé de leur petite patrie, ils collaborent à la recherche, en exhumant par exemple de leurs greniers, des archives ou documents privés qui font actuellement défaut.

 

 

Paul Redon.

 

ACCEUIL

 

 

 

NOTE LIMINAIRE

 


Les noms de lieux et de familles répertoriés dans la présente étude sont pratiquement tous

d'origine occitane.

Les mots occitans dont ils sont issus ont été écrits selon l'orthographe préconisée par le linguiste Louis Alibert et recommandée par « l'Institut d'estudis occitans ».

Les différences phonétiques avec le français sont rappelées ci-après :

 

 

se prononce en

français

exemple :

se prononce

a final dans les féminins

0 très ouvert

la femna, las femnas

femno, femnos

â final

a

 

 

e

é

 

 

0

ou

 

 

p

o

 

 

u

u (ü)

(comme en français)

 

au

aou

agadous

agadôous

eu

eou

beurre, boire

béouré

v

b

 

 

lh

l mouillé : ill

botelha, bouteille

bouteillo

nh

gn

castanha, châtaigne

castagno

 

  1. Le « n » dans les finales « en -an, -en, -in, -on, » n'est plus prononcé, de même le « r » dans la finale « -or » :

 

 

exemples

prononcer

vin

bi

pan

pa

plan

pla

Tarn

Tar

Drollon (petit garçon)

droullou

Orador (oratoire)

Ouradou (nom de famille

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Seuls in fine les surnoms et sobriquets sont donnés avec l'orthographe française, comme les noms de familles.

 

ACCEUIL

 

 

 

 

 

ORONYMIE DE LA MONTAGNE NOIRE

(partie occidentale)

 

 

La Montagne Noire est un des plus vieux reliefs de France. L'érosion y a fait disparaître depuis les temps primaires les pics, les aiguilles et autres sommets élevés. L'étude oronymique s'en trouve simplifiée.

 

Notre montagne tire son nom de la teinte sombre de ses forêts qui de tout temps l'ont recouverte. Cette appellation est certainement très ancienne et remonte aux temps antéceltiques. D'ailleurs elle n'est pas unique en Europe. On connait une Montagne Noire en Bretagne, en Allemagne ( la Forêt Noire), dans les Balkans (le Montenegro), en Espagne (La Sierra Morena).

 

Chez nous, les Ligures ou les Celtes qui lui ont donné son nom, ont sans doute voulu la différencier des clairs sommets des Pyrénées, très visibles par beau temps, ou des vertes collines du Lauragais.

 

Les vieux oronymes des Pyrénées, cuc, calm, car, gar se retrouvent, mais seulement - et curieusement, dans la plaine ou dans des noms de villes.

 

Cuc (tac, tsuc, suc, tusse) qui désigne dans les Pyrénées un sommet arrondi, est à l'origine de Cuq-Toulza (le Cuq toulousain). De même sur car (gar, ger, "rocher") ont été formés les noms de Caraman, Caragoudes, Carcassonne etc.

En revanche la Montagne Noire abonde en "serres" (espagnol sierra), qui sont des mouvements de terrain allongés, ainsi qu'en noms formés sur Cant, oronyme du Massif Central, (cf. Cantal) comme Cantemerle, Canteperdrix, Cantecoucut etc...

 

Le point culminant est le pic de Nore (1210 m), qui n'a de pic que le nom. L'origine de Nore est obscure. Certains oronymistes ont voulu y voir une altération de negra, néra, noire, mais rien n'est moins sûr (note de la rédaction : voir annexe).

 

Les autres "sommets" de la partie occidentale, la seule étudiée ici, sont :

 

- le pic de Montaud (1031 m), dont le nom peu original est tiré du latin Mont(em) alt(um), mont haut,

 - le signal de Montalric (792 m) qui évoque le chef wisigoth Alric,

 - l'Alroc (788 m) près de Montaud,

et dominant Soréze, le Berniquaut (568 m) dont le nom est germanique, wisigoth ou franc. Berniquaut est l'ancien Berniquel, Bruniquil. Il nous vient du nom féminin Brunehilde, devenu dans le nord de la France Brunehaut.

Nous ne connaissons pas cette Brunehilde, qui fut peut-être l'épouse d'un comte mérovingien ou carolingien ?

 

ACCEUIL

 

 

 

Noms de forEts :

 

Toute la Montagne Noire est couverte de superbes forêts de hêtres et de chênes dont les noms sont très divers :

 

- forêt de l'Aiguille (origine obscure),

- la Bouissède, qui est une forêt où abonde le boïs (buis),

- la forêt de CayrouletCayroulet désigne (ou a désigné) un petit dolmen,

 - la forêt de Crabemorte (forêt de la chèvre morte),

- la forêt de Hautaniboul, qui est la forêt du "haut brouillard",

- la forêt de Loubatière, nom dans lequel le terme occitan Lobatiera désigne un lieu habité de jeunes loups, de lobats,

- la forêt de Montaud : latin mons altus : mont haut,

- la forêt de Ramondens, noms dans lequel Ramondens, autrefois Ramondengs est un ancien Ramondingen, nom collectif désignant "les gens, les enfants" du chef wisigoth Ramondo,

- la forêt de Sagnebaude dont le nom est formé de Sagne, sanha en occitan, qui signifie "marécage" et de baude, issu probablement du verbe occitan (se) baudar, se vautrer.

- la forêt de Sarremetge, en occitan Serra mieja, "serre du milieu",

- les forêts de Serre Haute, Serre Basse etc.

Noms de Sources

 

- Fonsagut, sur la route de Revel à Saint-Ferréol : anciennement Font Sahuc, c'est-à-dire la "source du Sureau" (Sahuc est le nom occitan du sureau, du latin sambucus)

- Fonbruno : source ou fontaine dédiée à Saint-Bruno,

- Font de la Mandre (Soréze) : une mandra est la femelle d'un renard ; c'est aussi le nom d'une femme de mauvaise vie.

Noms de Grottes

 

- la Fendeille (route de Soréze à Arfons) : nom occitan fendelha, du latin findicula, petite fente,

- Grotte du Calel  (commune de Soréze): un calel est une ancienne lampe à huile munie de trois becs (en français chaleil, du latin caliculus, petite coupe, petit calice).

 

 

ACCEUIL

 

 

 

Oronymes divers relevEs dans la rEgion

de Soréze Arfons et la Haute vallée du Sor

 

- La Bassègue : peut-être l'occitan baciga, timon, flêche de charrue.

- La Bengue de Martel : benca est un mot gaulois, passé en occitan, signifiant "aspérité rocheuse, chicot".

- La Combe Nègre, Combe Grande : comba est le nom gaulois d'une vallée étroite sans issue.

- Cante Merle, Canteperdrix : les noms en cant- ont fait l'objet d'une étude approfondie de la part de l'occitaniste Alain Nouvel. Cant- est une base rocheuse. Les termes merle (merle se retrouve avec ce sens de "pierre" dans le français merlon) et perdrix, (ce dernier en réalité perditz) désignent, eux, des espaces ou des bancs pierreux. Le sens général de ces deux noms est donc "champs pierreux" mais le sens particulier à chacun d'eux nous échappe. Cantemerle, Canteperdrix sont donc des francisations fantaisistes de noms indigènes qui n'ont rien à voir avec des oiseaux chanteurs.

- La Lauzière : l'ardoisière.

- Palabut (route de Soréze à Arfons) : origine inconnue.

- Rabasset : en occitan "petit blaireau".

- La Rassègue: la scie.

- Le Mourrat mofut : le museau moussu.

- Les Souleillans : les endroits exposés au soleil.

- Terme de Martel, de Roquecave (roche creuse) : Terme ou Timbre désigne en occitan un tertre, un talus, formant borne ou limite.

- Trabets, Trabex, Travers : en occitan travers, mouvement de terrain transversal à une ligne de crète principale.

Trabex de la Baicho : occitan travers de la baissa, travers du bas-fond.

 

La légende de la Fée Nore.

 

La géologie nous dit que la montagne s’est constitué lorsque des terrains métamorphiques (gneiss et micaschiste) se sont trouvé exhaussés à l’ère tertiaire (formation des Pyrénées). Mais la tradition des anciens l’attribue à l’action d’une fille du rêve, la fée Nore. Deux versions de la légende existent.

  Dans la première, la fée Nore, désolée par les atteintes que le vent de Cers porte aux cultures, fiche sa pique dans le sol. Les rochers, comme attirés par une force magnétique, viennent se placer par magie autour de la pique et deviennent… la pique de Nore, ou le pic de Nore.

 Dans la deuxième version, Nore, Bug et Arach se plaignent à Jupiter des ravages occasionnés par le vent de Cers sur les cultures humains. Jupiter, fort courroucé d’être ainsi importuné, change Nore, Bug et Arach en montagne. Si Bug et Arach deviennent le sommet de Bugarach, Nore se métamorphose en pic de Nore.

 

ACCEUIL

 

 

 

 

ORIGINE DES NOMS DES VILLES_ET_VILLAGES DES ENVIRONS

DE Revel

 

 Aguts  latin Acutos ; sommets pointus.

 

Arfons  latin Orbifontes, "les sources cachées" (on connait le nom Orfons dans un document de 1237, devenu Arfons au XVIIe siècle).

 

Auriac  latin Auriacum ou Auriaca villa, villa gallo-romaine d'Aurius ou Aureus.

 

Auvezines latin Opacina, terre "opaque", exposée au nord (le terme provençal ubac à la même origine).

 

La Bécède (Labécède)  latin Beceta, lieu où poussent des beçes, " des bouleaux" ( du gaulois betto, besso) ; le nom existe aussi au masculin : Besset (latin Bessetum).

 

Belleserre    occitan Bella serra : Serre est un nom pré-celtique très répandu en France désignant un mouvement de terrain allongé, une ligne de crête, un bord de plateau ou de côteau (un Sérrat ou Sarrat est une colline ou un côteau isolé).

 

Blan latin Blannum : domaine gallo-romain de Blannus ou Blanius, nom peut-être apparenté à Belenus, nom gaulois du dieu Apollon (avec le suffixe gallo-romain - acus, nous avons Blaniacum, Blagnac).

 

Les Brunels   ancien domaine d'une famille Brunel.

 

Cadenac   latin Capitonacum : ancien domaine gallo-romain de Capitonus.

 

Cadix   bastide du Moyen-âge baptisée du nom de la ville espagnole de Cadix.

 

Cahuzac  latin Cadusacum, domaine gallo-romain de Cadusus ou Catusus.

 

Les Cammazes  occitan Les Caps-masses (de Rocafort), "les chefs-mas" (du château de Roquefort-sur­le-Sor), c'est-à-dire les fermes principales de la seigneurie de Roquefort.

 

Caraman  latin Caramagna, "le grand rocher" : Car(a) est un mot pré-celtique (ibéro-basque, ligurique?) que l'on retrouve dans de nombreux noms de lieux du Midi de la France, notamment chez nous, dans Caragoudes, près de Caraman (latin Caracutas, roches pointues), dans Carcassonne etc.

 

Les Casses    occitan, "les Chênes" : le nom vient du gaulois casso, chêne ; il indique que le village a été construit dans une forêt de chênes.

 

Castelnaudary    latin Castel (lum) nov(um) de Ariis, "le nouveau château des Ariens" c'est-à-dire des Wisigoths : nom donné par ce peuple à l'ancienne bourgade gauloise de Sostomagos vers 450.

 

Couffinal  origine obscure : le village actuel de Couffinal date de la fin du XVème siècle. Il a été construit sur l'emplacement d'une ancienne métairie du même nom. Ce nom était peut-être celui d'un fabricant de couffins ou celui d'un lieu de fabrication de couffins. Couffinal est peut-être aussi l'occitan Confinhal signifiant "du confin, de la limite, de la frontière". Couffinal serait ainsi le nom de la métairie située à la limite d'un domaine seigneurial.

 

Cuq-Toulza  occitan Cuc tolosan, "cuc toulousain" : cuc est un nom préceltique, conservé en occitan, signifiant "hauteur arrondie" ; on le trouve aussi dans Pyrénées sous les variantes tuc, suc, tsuc, tusse.

 

Dourgne  latin Durnianum, nom de l'ancien domaine du noble romain Durnius ou peut-être Durnios (en gaulois durnos signifie "poing").

 

Dreuilhe ancien nom gaulois latinisé en Drullia, issu de d(e)ruos, nom gaulois d'une variété de chêne, indiquant probablement comme pour Les Casses que le premier village gaulois a été construit dans une chênaie. Les Gaulois, originaires de l'Europe centrale, alors boisée, avaient un vocabulaire forestier très fourni. Pour le chêne ils avaient quatre noms, blaco, casso, derullio, tanno ; mais pour le chêne-vert qu'ils ne connaissaient pas, ils empruntèrent le nom local, ibéro-basque, garric.

 

Durfort latin duroforte : nom de château très répandu, présumé imprenable parce que "dur et fort".

 

Le Falga(r)  nom occitan issu du latin falgarium, lieu couvert de falguieras ou falheras, fougères. (nous connaissons aussi les formes Fauga, Houga, Heugas, ces deux dernières étant gasconnes).

 

Les Fouets    au XVIIIème siècle Les Fauets : nom occitan de la hêtraie (fau, hêtre, fauet, hêtraie, fajal).

 

Gandels  de l'ancien occitan gandelh signifiant fuite, salut, refuge.

 

Garrevaques ce nom pourrait être la francisation de l'occitan gara vacas, "endroit ou l'on gare les vaches". Mais le nom le plus anciennement connu de ce village et de sa seigneurie est « En Garrevaques » qui pourrait être construit sur le verbe engarrar signifiant "entraver".

 

Issel  ce nom pourrait provenir d'Icellium, qui serait le nom du domaine gallo-romain d'Iccius ; mais des toponymistes audois revendiquent pour lui une origine gauloise ; Issel serait le gaulois Uxellos, "élevé", que nous retrouverons dans Ussel et Uxello­dunum devenu Issoudun, signifiant "forteresse élevée".

 

La Jalabertie  nom français : domaine de Jalabert. Jalabert est un nom d'origine franque Gailabehrt, signifiant "célèbre par sa joie, sa jovialité". La paroisse de la Jalabertie est citée avec ce nom dans la bulle donnée par Jean XXII en 1318 créant l'archevêché de Toulouse et créant le diocèse de Lavaur.

 

Lempaut  origine obscure. Deux étymologies sont proposées :

1/ un nom de guerrier germanique Lempald (thèse d'Albert Dauzat)

2/ une origine occitane selon Ernest Nègre. Empaut signifiant "(arbre) greffé".

Cette deuxième thèse qui considère le « L » initial comme un article incorporé s'accorde avec les noms médiévaux Empeuco (1277) et Empeuto (1384).

 

Lescout  nom occitan, L'escot, la tour de guet, à rapprocher de escotar, écouter (latin auscultare).

 

Massaguel     diminutif occitan de Massac, village tarnais, ancien domaine du gallo-romain Maccius.

 

Maurens        ancien Maurencs, Maurincs issu de Moringen, établissement wisigotique du nom chef Moro.

 

Montégut       occitan Mont Agut.

 

Montgey    Certains toponymistes voient dans ce nom un ancien Mons Jovis, Mont de Jupiter, mais ce nom aurait du donner l'occitan Montjou. Deuxième hypothèse : le nom latin étant au Moyen-Age Mons Gaudii, « Mont de la Joie », Montgey pourrait être le nom de lieu français Montjoie, désignant à l'origine une éminence, une butte artificielle de pierres et de terre élevée comme repère ; dans ce cas Montjoie serait d'origine germanique, Mungawi, et signifierait "territoire de protection", c'est-à­-dire "terrain militaire".

 

Montmaur     occitan, mont noir ou brun, ou Mont Maure, c'est-à-dire tenu par les Maures (Sarrazins).

 

Nogaret          nom occitan : lieu planté de noguiers, noyers (le nom existe aussi au féminin, Nogareda).

 

Palleville   latin Palatii villa, domaine rural du romain Palatius : des vestiges romains, poteries, amphores, tegulae, monnaies ont été retrouvées dans les champs de la métairie En Solomiac, près du château de Palleville. Les fouilles qui permettraient de délimiter l'emprise de la villa restent à faire.

 

La Pastourie  nom d'un ancien domaine rural, à l'origine station d'élevage, en français La Bergerie.

 

Pechaudier    latin Pod(ium) Auderii, podium d'Auderius : ancien poste wisigoth ou franc du chef Aldhari (la "vieille armée").

 

Peyrens         nom d'un ancien poste wisigoth, Petringen, les hommes de Petrus".

 

La Pomarède            occitan Pomareda, lieu planté de pommiers (le nom existe aussi au masculin Pomaret).

 

Puechoursi    latin Pod(ium) Ursini : nom de l'ancien domaine gallo-romain Ursinus (Ursus, ours).

 

Puylaurens    occitan Puechlaurens, latin Pod(ium) Laurentii, nom de l'ancien domaine gallo-romain de Laurentius.

 

Poudis           nom de l'ancien domaine gallo-romain de Potitius.

 

Revel    latin Rebell(em), de rebellis, rebelle. L'origine du nom de Revel reste encore controversée.

1/ Les historiens Dom Vaissette et Frère Léodère Géry attribuent la paternité au chancelier de France, sénéchal de Toulouse Guillaume Flote, homme de confiance du roi Philippe VI de Valois. Celui-ci était déjà seigneur de Revel (Ravel) en Dauphiné, près de Domène (Isère) au pied du massif de Belledonne, et aurait donc donné ce nom à la nouvelle bastide. Frère Géry précise que ce Guillaume Flote était également le seigneur de MontRevel, château construit en 1174 sur les bords du Laudot (NDLR :voir étude de Pierre Bouyssou sur « L’origine du nom de Revel – Cahier d’Histoire n°14 – 2009).

2/ Le docteur Clos, historien de Soréze et Pierre-Antoine Barrau attribuent le parrainage de la ville à Pierre de MontRevel, seigneur du dit château et juge-mage de la sénéchaussée de Toulouse, dont le nom est mentionné dans la charte de fondation datée du 8 juin 1342. La question du parrain de Revel reste ouverte. Le nom de MontRevel est très répandu en France. On connaît des MontRevel dans l'Isère, le Jura, un Montrivel dans l'Ain, un Montrevault dans le Maine-et-Loire. Appliqué à un château, il veut dire que ce château est réputé "rebelle" aux attaques et qu'il est imprenable.

 

Roumens       ancien domaine gallo-romain, occupé par les Wisigoths vers 450 et nommé par eux Ruomingen, du nom du chef local Ruomo.

 

Saint-Amancet  diminutif de Saint-Amans, nom du premier évêque de Rodez (401-440).

 

Saint-Félix- Lauragais  anciennement Saint-Félix de Caraman. Félix est le nom de quatre papes aux IIIème et IVème siècles, et de plusieurs évêques et martyrs.

 

Saint-Julia-de- Gras-Capou  Julia(n) est la forme languedocienne de Julianus, nom de plusieurs saints dont Saint Julien l'Hospitalier et un martyr de Brioude du IVème siècle. Un temple à la mémoire de Julius César, Fanum Julii existait à l'époque gallo-romaine à l'emplacement du village actuel. Le nom chrétien est probablement en rapport avec le nom romain. Quant à la qualification de "gras capou", c'est-à-dire "du chapon gras", elle date du XIXème siècle : elle est une excellente réclame pour les volailles du pays à l'intention des voyageurs et touristes.

 

Saint-Papoul   Papulus ("le petit pape") est le nom d'un saint martyr du IIIème siècle, disciple de Saturnin (Sernin), premier évêque de Toulouse.

 

Saint-Paulet  diminutif de Saint-Paul.

 

Saissac  ancien Saxacum, domaine du noble gallo-romain Saxus (Saxo désigne en gaulois une épée).

 

Soréze  nom issu de Soriz, nom primitif de l'Orival, ruisseau qui roulait des paillettes d'or aux temps gallo-romains. Soriz-Soréze dérive de Sor, dont il est peut-être un diminutif, mais l'origine et le sens de ces deux noms restent encore inconnus. Sor est un nom préceltique, peut-être ligurique que l'on a rapproché de Sorgue, rivières de l'Aveyron et du Vaucluse. Le nom de Soréze a désigné ensuite une grande abbaye bénédictine, appelée à l'origine Notre-Dame-de-la-Sagne, à sa fondation par Pépin le Bref en 759 et détruite lors des guerres de Religion. Il désigne aujourd'hui le village.

 

Soual  ancien Ansoald, établissement franc du nom de son chef Ansowald (Anso, nom de divinité et Wald chef, gouverneur).

 

Souilhe en occitan un Solh est une fondrière, un bourbier, mais l'ancien nom du village, Solhan nous fait penser à Solianum, domaine du romain de Solius (Solianus est un nom purement romain, tandis que Soliacus, qui nous a donné Souillac dans le Lot, est gallo-romain).

 

Les Souilhanels  diminutif occitan, pluriel de Souilhe.

 

Soupex  en occitan Sopes : origine obscure, peut-être un ancien Super(um), "lieu élevé".

 

Tréville           ancien Tresvilla, villa du chef wisigoth Treso.

 

Vaudreuille    latin Vall(is) Drulliae, val de Dreuilhe, vallée du Laudot.

 

Vauré  toponyme très répandu en France sous les formes les plus diverses de Lavaur, Vaour, Vabre, Vavre, Vorey, Woevre, Vavray, Vouvray : c'est un nom gaulois Vobero ou Vabero, qui chez nous a donné le doublet Vauré et Vabre et le nom commun occitan Vaur qui signifie ravin, abîme, fondrière, alors que dans l'Est les mots correspondants Vavre, Woèvre ont le sens de ruisseau, terrain humide, marécage et même bois.

 

Verdalle  le village est connu en 1173 sous le nom de Castrum Verdale, qui signifierait "château verdâtre", selon Ernest Nègre.

 

Verdun- Lauragais       Verdun est le nom gaulois Verdunon, latinisé en Verdunum, et signifiant "superforteresse"; le préfixe ver- est un préfixe d'intensité correspondant au latin per- (cf. Ver-cingeto-rix, le grand chef des guerriers).

 

Villemagne    latin villa magna, la grande "villa", c'est-à-dire "le grand domaine rural".

 

ACCEUIL

 

 

 

HYDRONYMIE DE LA REGION DE REVEL

 

(Plaine de Revel et Montagne Noire)

 

Les cours d'eau de la région de Revel sont tous tributaires de la Montagne Noire. Le climat relativement sec de notre région n'a pas permis la formation de véritables rivières, mais seulement de ruisseaux dont plusieurs alimentent le canal du Midi.

Ces ruisseaux sont des rius, beaucoup même ne sont plus que des recs. Ce dernier mot, purement occitan, est d'origine gauloise. Il y a un féminin rega (sillon) et un diminutif rigola.

 

La grande crête de la Montagne Noire qui part de la Pomarède et court vers le pic de Nore en passant par la Régine, Arfons et Font-Bruno, partage les eaux en deux réseaux correspondant chacun à un versant de la montagne.

 

1- Sur le versant nord ou atlantique nous trouvons le réseau constitué par le Sor et ses affluents, le Sor étant lui-même un affluent de l'Agout, comme le Thoré et l'Arn de Mazamet. Du nord au sud nous avons :

 

le Bernazobre,

le Taurou,

le ruisseau des Avaris,

le Dourdou,

l'Aigo pesado,

l'Orival,

le Laudot,

 

2- Sur le versant méditerranéen le réseau du Fresquel comprend d'ouest en est :

 

le ruisseau des Glandes,

l'Argentouïre,

le Tenten,

la Migaronne,

le Lampy,

la Vernassonne,

la Rougeanne formée à partir de Montolieu par les eaux de l'Alzeau et de la Dure,

l'Orbiel,

le Glamoux,

l'Argent-Double...

 

Tous ces ruisseaux rejoignent le Fresquel qui lui, prend sa source au pied de la colline de Saint­ Félix-Lauragais et coule vers l'Aude dans la grande gouttière orientée est-ouest, séparant le Massif central de l'ensemble pyrénéen.

 

Pratiquement tous ces noms de cours d'eau sont antérieurs à l'établissement des Romains dans notre région (120 avant J.C).

Un seul est romain, l'Orival (Aurivallis). Deux sont occitans ou occitanisés (Aigo pesado,

Laudot).

Près de la moitié sont des hydronymes authentiquement gaulois, mais les autres sont encore plus anciens, sans que nous puissions préciser avec exactitude leur origine.

Quelques-uns d'entre eux sont probablement d'origine ligurique. Les Ligures, selon Hérodote et les historiens grecs anciens, auraient dominé pendant le deuxième millénaire avant J.C., à l'âge du bronze, la Gaule et l'Italie du Nord. Leur origine reste encore très mystérieuse et leur langue très mal connue. Ils pourraient être un premier rameau détaché très tôt du groupe indo-européen avant le grand éclatement que l'on situe vers -2000.

Ils nous ont transmis entre autres, les suffixes hydronymiques :

 

- ar

- onna

- enco

 

que l'on trouve dans de très nombreux noms de rivières de France. C'est des Ligures que nous viennent les noms de la Garonne ("rivière des rochers"), de la Durance ou de la Durenque (Durenco) et du Tarn, de l'Arn, noms que nous retrouvons d'ailleurs en Italie sous les formes Tarno, Taro, Arno.

Nous ne connaissons pas (encore) l'origine des racines hydronymiques ou "bases" :

dor-, dour-, dur-, tor-, taur-, sor-, que nous allons retrouver dans les noms de plusieurs de nos cours d'eau.

 

Aigo Pesado  nom occitan, "eau pesée", ruisseau traversant le domaine de Beauregard près de Couffinal, utilisé aux XVIIème et XVIIIème siècles pour l'irrigation des terres.

 

Alzeau (Alzon, Alzonne, Alsou, etc...)  hydronyme celtique très répandu en France, issu de alisa, alesa, signifiant rocher, escarpement, falaise, et correspondant au germanique falisa, devenu Felsen en allemand moderne. ( à rapprocher du nom gaulois de la ville d'Alisia, Alesia et du français falaise). Le nom d'Alzonne comporte en outre le suffixe -on(n)a  ligurique, connnu aussi des Gaulois et signifiant probablement "eau courante". Ce suffixe a été assimilé par les Romains au latin unda. L'exemple le plus connu est celui de Garon(n)a devenu dans son cours inférieur Garunda, Gerunda, Gironde.

 

Argentouïre et Argent-Double  noms des ruisseaux de Labécède et de Caunes-Minervois ; noms purement celtiques, issus de Arganto dubron signifiant "rivière d'argent".

 

Bernazobre  voir Vernazobre.

 

Dourdou (ruisseau de Cahuzac et de Belleserre)  construit sur la base dor- (dour-, dur-) que nous retrouvons dans de très nombreux noms de rivières européennes comme Dordogne (Dor-d-ona), Dure, Douro en Espagne, Doire dans le val d'Aoste, la Durance (Dor-enco), la Drome (Dor-ona) etc.. Selon M. Ernest Nègre, le toponymiste du Tarn, Dourdou devrait se lire Dourdour : la racine serait simplement redoublée et le redoublement serait signe d'intensité. Dourdou est peut-être aussi l'occitan Dor-d-on, ou l'on retrouverait le suffixe celto-ligurique -ona ; le nom nous rappellerait ainsi Dordonia, Dordogne que les Romains appelaient aussi Durania.

 

Dure (Montolieu)  nom construit sur la base dor-, dour-, dur-, cf. le précédent Dourdou.

 

Fresquel  origine obscure. Fresquel est la forme (mal) occitanisée du latin Fiscavus, qui est peut-être d'origine gauloise.

 

Glamous  origine inconnue.

 

Ruisseau des Glandes  nom francisé de façon fantaisiste ; glando, glanno, glenno sont des mots gaulois signifiant "rive, vallée" (cf. l'écossais glen) ; glano signifie aussi "pur".

 

Lampy  le nom latin était Lampius, tiré lui-même du gaulois Lampios signifiant "brillant", de même racine que limp-idus et en grec Lampas, lampe. Avec le suffixe -onna nous avons peut-être le nom ancien de Lampillon, affluent du Lampy. Le nom de la rivière de Saint-Papoul, le Limbe a sans doute la même origine.

 

Laudot  Laudot s'écrivait encore au XIXème siècle l'Audot ou l'Audeau, ces noms sont des diminutifs occitans signifiant "petite Aude". Mais il est fort possible que sous cette écriture récente, il cache un nom beaucoup plus ancien, ayant un rapport effectif avec la rivière de Carcassonne. Dans le Vidimus de la Charte de fondation de Revel, daté de 1462, le Laudot est appelé Daudaut.

 

Mayre, Mayral  Mayre, en français mère, est le nom ou le surnom donné au Sor entre La Rouminguière et l'Albarel. Cette appellation est très ancienne et pourrait remonter aux Gaulois qui assimilaient les cours d'eau principaux à des "mères" rassemblant les affluents, leurs enfants. (cf. Matr.ona, "rivière mère", l'actuelle Marne). De même le riu Mayral est le nom donné au collecteur de tous les recs, anciens caniveaux de la ville avant la construction des égouts.

 

Migaronne  origine inconnue.

 

Rec Mouré     nom d'un ancien ruisseau aujourd'hui disparu, affluent du Sor, qui prenait sa source sur les hauteurs au sud de la Garrigole et traversait le site actuel de Revel.

 

Orbiel en latin Orobia, d'origine inconnue ; hydronyme répandu en Gaule : Orb à Béziers, Orbieu dans les Corbières et Orge en Ile-de-France.

 

Ruisseau d'Orival  nom donné à l'époque gallo-romaine à la Soréze, affluent du Sor, elle-même origine du nom de l'abbaye et de la ville de Soréze. Orival est le latin Auri vallis, "vallée de l'or". La Soréze roulait alors des paillettes d'or, comme d'autres ruisseaux de la Montagne Noire et l'Ariège.

 

Rougeanne (rivière de Montolieu)  formée de l'Alzeau et de la Dure, hydronyme gaulois Rubionna ou Rubienna, "ruisseau rouge".

 

Sor   "Base" hydronymique très ancienne, peut-être ligurique comme Tar-, Ar- : les hydronymistes l'ont rapprochée de Sorgue, en occitan Sorga, noms des rivières de l'Aveyron et du Vaucluse. On ne connaît pas sa signification, mais on connait son dérivé Soréze, ancien Soriz(e) ou Soris, aujourd'hui l'Orival, qui est peut-être un diminutif comme Arize (rivière ariègeoise) se rapporte à Ar, nom authentiquement ligurique.

 

Taurou           en occitan Tauron ; nom antéceltique, Taur, Tor pouvant signifier "montagne,

(Dourgne)          lieu élevé". Thoré, nom de la rivière de Mazamet à la même origine.

 

Tenten            origine et sens inconnus (le nom ancien est Teuten).

 

Vernassonne (Saissac)  celto-ligurique Vernas-onna, signifiant "rivière des aulnes" (vernhas).

 

Vernazobre, Bernazobre celtique Vernadubron, même signification que le précédent.

 

En conclusion, cette petite étude, très incomplète, nous permet d'affirmer, sans pour autant disposer de documents historiques écrits, que la région de Revel a été peuplée ou tout au moins visitée à une époque très reculée.

 

ACCEUIL

 

 

 

 

NOMS DE METAIRIES ET DE LIEUX-DITS DES ENVIRONS DE REVEL

 

 

Les métairies de notre région sont toutes des Borias. Au XVIème siècle on trouvait encore des mas comme dans le Languedoc actuel.

Mas (latin mansus) est en effet dans le Midi de la France le terme le plus ancien pour désigner l'exploitation agricole issue de la villa gallo-romaine. Il ne subsiste guère plus que dans les noms de Mazamet (le Mas Azamet) ou Les Cammazes (les Cap-masses).

 

Bien que de climat relativement sec, le Haut-Languedoc est un pays de pâturages, permettant l'élevage. Toutes les villae de chez nous possédaient une étable à bovins, le stabulum bovarium ou bovaria qui est à l'origine de notre boria. L'élevage est devenu au cours des siècles une part de l'exploitation agricole aussi importante que la culture des céréales. D'ailleurs dans la construction de la bâtisse rurale l'étable occupera une place plus ou moins centrale, autour de laquelle seront distribuées les pièces d'habitation, ne serait ce que pour profiter en hiver de la chaleur animale, fournie gratuitement par le bétail.

 

Il ne faut pas confondre boria et borda ; la borda, mot germanique, désigne une cabane en planches ou en pierre destinée à abriter du bétail, en particulier chez nous des porcs. L'actuel quartier des Bourdettes de Revel était au XVIIIème et XIXème siècle un quartier de jardins ayant tous leur borda ou bordetta à cochons.

 

Nos métairies portent en règle générale le nom de leurs premiers propriétaires, précédé de En. Cette particule n'est nullement la préposition en, indiquant par exemple sur le panneau à l'entrée d'une propriété que l'on se trouve ou que l'on pénètre dans le domaine de M. Untel.

 

En est en réalité un titre honorifique signifiant "maître, seigneur, monsieur". C'est l'ultime altération subie en occitan par le mot latin Dominum, devenu successivement Domen, Donen, En et même N'. Il correspond exactement au titre espagnol ou italien de Don. Il avait un féminin Na, issu de Domina, qui a disparu assez tôt de la langue courante.

 

La coutume s'est cependant assouplie au fil des siècles et au XVIIème siècle la particule "en" n'est plus systématiquement employée. C'est ainsi que nous avons des métairies s'appelant Devals, Peyssou, Farel, Carpinel qui sont de simples noms de familles.

 

Il y a lieu de noter toutefois que le pays revélois est située à l'extrême limite orientale de la région où le titre En est utilisé en toponymie rurale, alors qu'on le retrouve dans tout le Lauragais, le Toulousain, en Gascogne et jusque dans les Landes. A partir de Soréze et en gros à l'est de la route de Soréze-Castres, les noms de domaines agricoles deviennent différents. Nous trouvons des noms terminés en -aria (prononcé ariè) et précédés de l'article féminin. Pour la plupart ils sont construits sur des noms de propriétaires, mais aussi sur des noms de métiers, des établissements d'artisans, des particularités topographiques, de végétaux....

 

Nous avons par exemple :

 

La Janardariè (domaine de Janard ?),

La Ricardariè (Ricard),

La Montagnariè (Montagné),

La Sabartariè (Sabart),

La Rivalariè (domaine de Rival(s)),

La Teulariè (Tuilerie),

La Vacariè (Vacherie),

La Joncariè (Jonquerie)

etc...

 

Dans la Montagne Noire les métairies sont souvent désignées par le nom de famille au pluriel précédé de l'article :

 

Les Moureaux,

Les Brunels,

Les Carles,

Les Bastouls etc...

 

La construction de nos plus anciennes métairies remonte grosso modo à la deuxième partie du XVème siècle, au retour de la paix dans nos campagnes après la Guerre de Cent-ans. A cette époque les châteaux seigneuriaux perdent leur caractère féodal et militaire, et deviennent des résidences. La sécurité relative qui s'établit progressivement dans notre région sous les règnes de Charles VII et Louis XI permet à l'habitat agricole de se disperser.

 

Les appellations sont donc souvent très anciennes. Nous savons par exemple que le propriétaire de la métairie En Besset, située au nord de l'agglomération revéloise, était en 1460 Noble Jean de Besset, qui était aussi seigneur de Couffinal et dont la famille conservera la seigneurie jusqu'en 1755, soit près de trois siècles.

 

La constitution du paysage rural que nous connaissons, se poursuivra tout au long des XVIème et XVIIème siècles. Au XVIIIème siècle presque toutes les métairies actuelles sont en exploitation et portent les noms qu'elles ont aujourd'hui.

Nous trouvons ensuite beaucoup de noms simples comme Métairie Blanche (Boria Blanca), Métairie Basse, Métairie Grande, Petite, Neuve. D'autres noms, plus originaux, ont rapport à la situation ou l'environnement : comme La Forêt, L'Embouscade, Les Pesquiers, La Caussade, La Graverie... Certains veulent être ironiques : La Pachaque, Le Piot, Les Trois-cocus etc...

 

Un petit nombre de métairies enfin ont des noms très caractéristiques qui pourraient remonter aux temps romains :

 

Les Maziers (latin Macerias, les ruines),

Labejeau (Lapidiolus),

 Dauzats (Davisacum),

 Mandoul, Calvayrac, Tartanac etc...

 

L'existence de ces noms, sous réserve de confirmation ou de recoupement, pourrait constituer une preuve du fort peuplement de la région de Revel au début de l'ère chrétienne. La toponymie, science auxiliaire de l'histoire, recouperait ainsi les résultats des recherches archéologiques. Quant aux vastes forêts de Vauré et de Dreuilhe, impénétrables selon Dom Vaissette, elles ont vraisemblablement poussé ou repoussé pendant la grande période de troubles consécutive aux grandes invasions du Vème siècle.

 

Albarel (Vauré) Lieu planté de saules blancs, albas (existent aussi les noms d'Albaret, Albarède).

 

Anticamarède  origine inconnue.

 

L'Apoticario  occitan Apoticaria, apothicairerie : la métairie du-dit nom était peut-être un lieu de vente d'herbes médicinales et pharmaceutiques.

 

L'Aujol  occitan : "l'aieul".

 

Badorque occitan badorca : poste de garde, de surveillance, et aussi tanière, cabane, taudis, grotte.

 

La Balbauge  origine inconnue (Soréze)

 

La Baysse  voir La Vaysse.

 

Belesta de Bel Estar : domaine "bellement situé". (Route de Castelnaudary)

 

Belloc en français Beaulieu.

 

Berniquaut altération de Bruniquau, Bruniquel, Bruniquil, provenant du nom franc féminin de Brunchild, Brunhild, qui d'autre part a donné Brune haut. Le château, puis la métairie de ce nom, est un ancien poste militaire franc qui a succèdé à l'oppidum gaulois Verdunon. Brun-Hild signifie en franc "bouclier de combat".

 

Le Bisconte en français : Le Vicomte : ancienne petite seigneurie enclavée dans le consulat de Revel.

Les Bombardelles (Rigole de la plaine) origine obscure, peut être déformation de Borbadella, lieu boueux, fangeux (cf. le français bourbeux).

 

Boscau ou Bascaud (Saint-Ferréol) nom très ancien d'une métairie aujourd'hui disparue, provenant vraisemblablement du gaulois bascauda, signifiant vase, boue (sur l'emplacement de cette métairie a été construit l'hôtel La Ferme de Riquet).

 

Bouscatel (Soréze) occitan Boscatela, petit bois.

 

Bracadelle (Vaudreuille) métathèse de Barcadela, diminutif de Barcada, charge de barque.

 

Calès (Saint-Ferréol) Calès est certainement le nom du propriétaire (un des députés de la Haute­Garonne à la Convention nationale portait ce nom). Calès est aussi le nom d'un village du Lot.

 

Calvayrac(ancienne paroisse à la sortie ouest de Revel, aujourd'hui hameau des Fouets). Nom provenant vraisemblablement d'un ancien domaine gallo-romain Calvariacum, propriété de Calvarius.

 

Campautier origine inconnue. (route de Revel à Castres)

 

 Caoulissou occitan Caulisson ?

 

 Capellanie forme castraise de capelania, nom occitan du presbytère. (Chapellenie)

 

Carpinel métairie à l'est de Revel dénommée du nom de son propriétaire au XVIIIème siècle, Carpinelli, d'origine italienne (Carpino, charme, en occitan calpre).

 

Caussade occitan cauçada, chaussée, route : métairie située près d'une chaussée.

 

Caussinières occitan caucinieras, fours à chaux (de calç, cauç, chaux). Sur la carte de 1771 de Dillon, on lit à côté de la métairie des Caussinières, le nom de Las Tolières, qui est celui d'anciennes tuileries (Teulerias).

 

Le Cédassier (Sor) occitan Sédassier, nom de métier ; le sédassier était un fabricant de sedas, tamis : le métayer éponyme était probablement un artisan fabricant les tamis des nombreux moulins de la Rigole et du Sor.

 

Codarman (route de Castelnaudary) occitan Cô d'Arman, chez Armand. Cô de, en cô de signifie "chez". Cô se retrouve aussi dans la Montagne Noire dans Cô de Davit, cô de Vaysse.

 

La Condamine (route de Soréze) latin médiéval Condominium, ce mot désigne une terre contigüe au château seigneurial, réservée au seigneur et exempte de droits féodaux ; il désigne aussi un terroir soumis à deux seigneurs qui ont la souveraineté en indivision.

 

Le Conquet (route de Revel à Saissac) diminutif de Conca, conque, vallon, bas-fond, (en l'occurrence le bas-fond de la vallée du Sor.)

 

Les Coudercs en occitan coderc est un pâturage, un pacage communal (mot gaulois Cotericon, latinisé en cotericum).

 

Coudougnère occitan condonhera, lieu planté de cognassiers, de condonhs (latin cotoneus).

 

 Couffinal nom d'une ancienne métairie sur les terres de laquelle le village actuel a été construit à la fin du XVème siècle ; Coffinal en occitan est le nom d'un fabricant ou d'un atelier de couffins, mais il est plus probable que Coffinal soit un ancien Confinhal, signifiant (terre) du confin (limite, frontière).

 

En Couyoulet (route de Caraman) nom du propriétaire ; coyolet en occitan est le diminutif de coyol, cogol, signifiant "coucou" (l'oiseau et la plante), doublet de cocut (latin cucullus).

 

Les Dauzats nom collectif de famille qui au XVIIIème siècle s'écrivait Dausaces, pluriel de Dausac provenant de Davisacum ou Davitiacum, qui serait le nom du domaine d'un gallo-romain Davisius ou Davitius.

 

 Château de Vals Devals ou De Vals est le nom d'une famille de riches propriétaires de Revel ayant donné plusieurs consuls aux XVIIème et XVIIIème siècles, notamment Alexandre Devals qui fut un bienfaiteur de la ville.

 

Dournes (Couffinal) nom provenant, peut-être, de l'ancien occitan dorn signifiant "poing" (gaulois durno) et par extension "éperon rocheux" (cf. Le Dourn, village situé sur un éperon dominant un affluent du Tarn, à 30 km au nord-est d'Albi).

 

L'Embouscade (Vauré) occitan Emboscada, "embusquée" c'est-à-dire située, cachée dans les bois.

 

L'Espérou (Vaudreuille) diminutif de Espera, affût de chasse. La métairie de l'Espérou, sise au pied de la Montagne Noire, à Vaudreuille a peut-être été construite sur un ancien lieu d'affût dans l'ancienne forêt de Dreuilhe.

 

La Fajole (Vaudreuille) occitan fageola, petite hêtraie (fau, fag, faja, sont les noms occitan du hêtre).

 

Le Farel nom d'un propriétaire (XVIIème siècle).

 

La Farguette petite farga, petite forge (latin fabrica).

 

La Forêt (Vaudreuille) nom d'une métairie située dans l'ancienne forêt de Dreuille, contigüe à la forêt de Vauré dans laquelle a été construite la ville de Revel.

 

Garrigole petite garrigue; la garrigue (occitan garriga) est une lande où poussent les chênes kermès, à feuilles persistantes appelée en occitan garrics ; garric est un terme préceltique employé aussi pour désigner le chêne-vert.

 

La Goffie (Garrevaques) occitan Gofia, gouffre, piège pour attraper les loups.

 

Le Gourp occitan Gorg, gorga, gouffre, cascade, endroit le plus profond d'un cours d'eau, plan d'eau en amont d'un barrage.

 

Gouttemirou obscur ; une gota, goutte désigne en occitan une source de faible débit.

 

 La Graverie occitan Gravaria, gravière.

 

Guirguille occitan Guirguilh, Guirguilha, dispute, chicane : l'avenue Alexandre Monoury s'appelait au siècle dernier ieis de Guirguilha, "sortie de la Guirguille", mais nous ne connaissons plus quelle est cette dispute ou ce procès, apparemment célèbre en son temps pour avoir donné son nom à une rue et un quartier de Revel.

 

L'Hort (route de Castelnaudary) occitan Ort, jardin (latin hortus)

 

Les Iganauts  autre nom de la métairie du Roudier, située sur la route de Caraman : métairie des Huguenots (XVIème siècle).

 

La Jalabertie domaine de Jalabert.

 

La Jasse (route de Castelnaudary)  occitan Jaç, litière, bergerie (latin, jacere, être couché, gésir).

 

La Jonquerie (Soréze) occitan Joncaria, lieu couvert de joncs.

 

Labéjeau (Palleville) nom à rapprocher de celui de Labège, village à l'est de Toulouse construit sur l'ancien domaine gallo-romain de Lapidius ; Labejeau serait ainsi un ancien Lapidiolus, domaine certainement contigu au domaine de Palatius (Palleville).

 

Landelle (route de Caraman, bord du Sor) petite lande.

 

Moulin de Lauzy       occitan Molin de l'Auzin, moulin de l'yeuse (l'yeuse est l'autre nom du chêne-­vert, en latin ilicinus).

 

Lencastre (Saint-Ferréol) En Castre avec article incorporé; l'origine reste obscure. Castre n'est peut-être pas un nom de famille mais le latin Castrum, château-fort. Le château de Lencastre aurait donc été construit sur les fondations d'un ancien château-fort, en l'occurrence celui de MontRevel (d'après P.A. Barrau – ce que ne confirme pas Pierre Bouyssou dans son article sur « L’origine du nom de Revel »).

 

Mandoul (Rigole de la plaine) ancien nom romain Mandiullius, qui est aussi celui d'un château près de Campans, à 7 km au nord-ouest de Castres ; les terres de la métairie de Mandoul seraient ainsi un ancien site romain, d'ailleurs voisin de Calvayrac.

 

Massillargues (Montagne Noire) anciennement Massilianicum : un des rares noms, avec le précédent, vraiment romain ; il s'agit du domaine du noble romain Massilianus, probablement originaire de Massilia, Marseille.

 

Les Maziers (route de Castres) ancien nom occitan signifiant "ruines" ; c'est le latin Macerias, nom donné au Haut Moyen-âge aux ruines romaines laissées par les grandes invasions; on le trouve dans toute la France à l'origine des très nombreux Mazères, Mazières, Maizières, Mézières etc ; c'est aussi l'ancien nom de Montégut-Lauragais.

 

La Mittatmens occitan "la moitié moins", nom donné au domaine peut-être lors d'un partage.

 

La Monte (route de Saint-Ferréol) occitan monta, haras.

 

Moussoula Le nom occitan est Mossolan. Il vient peut-être de Mussulanum, qui pourrait être le nom de la propriété du noble romain Mussulus ou Mutiulus. Le nom de Moussoulens, apparemment voisin, qui est celui d'un village sur la route de Revel à Carcassonne, après Montolieu, est lui d'origine wisigothique : Muskilingen, c'est-à-dire "les hommes de Muskilo".

 

Les Moureaux métairie de la famille Moureau.

 

Nayral lire En Ayral, propriété de Monsieur Ayral. Ayral est aussi le nom d'un des sept députés de la Haute-Garonne à la Convention Nationale (tous régicides).

 

Les Ouillès    occitan Les Oliers, fabricants d'Olas, de marmites.

 

L'Oulm métairie de l'Olm, de l'orme.

 

L'Ourmette (ourmède) l'Ormaie (latin ulmeta).

 

La Pachaque (route de Caraman) occitan Pachaca, mauvaise affaire, tromperie, tripotage.

 

Pech de Maffre         le puy de Maffre.

 

Le Pepelier    le puech Bellier, le puy de (du) bélier : très ancien lieu-dit cité dans l'acte de

(Vaudreuille)      bornage des forêts de Vauré et Dreuilhe en 1359.

 

La Pergue occitan perga (latin pertica) : ancienne mesure de surface valant entre 40 et 50 mètres carrés.

 

La Périère occitan Peiriera, carrière de pierres.

 

Perricaud nom de propriétaire : Pierre-Ricaud.

 

Les Pesquiers nom occitan du vivier à poissons (de pescar, pécher).

 

Peyre Bazal   origine inconnue, peut être le nom du propriétaire Pierre Bazal.

 

Peyssou occitan Peisson, petit poisson, nom d'un propriétaire (XVIIème siècle).

 

Picotalen occitan Picatalent, pique-faim : lieu-dit repéré sur un itinéraire connu pour faire une halte-repas.

 

Le Piot nom de l'ancienne métairie sur l'emplacement de laquelle est aujourd'hui construit l'hôtel de la Renaissance à Saint-Ferréol ; Piot, dindon en occitan, est certainement le surnom d'un propriétaire.

 

Le Pistre        nom occitan de l'ouvrier pétrisseur dans une boulangerie ("forniera"), profession d'un des premiers propriétaires.

 

Le Plo de Blan l'occitan Plô, tiré de plan (latin planum) désigne un petit plateau ou un palier sur une pente.

 

Le Plo de la Jasse    le plateau de la bergerie (jaça).

 

Ponpouly (Vauré) pont polit, pont joli (sur le Sor).

 

Les Pugets (Couffinal) en occitan puget est un diminutif de puech, comme pujol, et désigne une colline, une élévation de terrain de faible hauteur. Le diminutif de puget­-pujol est pujolet.

 

Rastel (Saint-Ferréol) râteau : nom d'un propriétaire.

 

Le Rie vieil occitan : le riche, surnom d'un propriétaire, sans doute un "riche laboureur".

 

Pont du Rigat Rigat ou Regat est en occitan un sillon, un fossé destiné à évacuer l'eau (du gaulois rec,riga).

 

Le Rodier nom de métier, du fabricant de roues pour charrettes et voitures (latin rota, roue).

 

La Rominguière       occitan Romenguiera, Rominhiera ; "la ronceraie" (de romec, ronce, latin rumex).

 

Sénégadis     pour senecats, les vieux, les délabrés.

 

Soujol ancienne métairie aujourd'hui disparue, qui se trouvait dans la prairie bordant au nord-ouest le bassin de Saint-Ferréol ; elle-même était construite sur l'emplacement de la chapelle de Saint-Ferréol.

 

Tartanac (rigole de la plaine) ce nom pourrait provenir de Tartanacum ou Dardanacum, nom du domaine       appartenant au gallo-romain Tartanius ou Dardanius. Il est curieux de noter que la métairie de Tartanac se trouve dans le voisinage immédiat de Mandoul, Calvayrac et Thuriès, qui portent aussi des noms romains.

 

Les Terrisses, Las Tarrisses de l'occitan terrissa, pisé, terre à bâtir employée avec ou sans mélange de paille ; les premières terrisses furent donc bâties en terre.

 

La Teule (Vauré) occitan teula, tuile.

 

Les Thoumaces (route de Castelnaudary) occitan Les Thomasses, les Thomas, nom de famille du propriétaire qui a donné son nom au hameau au XVIIème siècle.

 

Thuriès ancien nom romain Turianus.

 

La Tour nom d'un ancien propriétaire.

 

Les Trois Cocus lieu-dit à la sortie de Revel, sur la route de Caraman, son nom date du XIXème siècle et rappelle celui d'un quartier au nord de Toulouse.

 

Vigouroux     nom francisé d'un propriétaire, vigoros.

 

 

ACCEUIL

 

 

 

 

Noms des quartiers de Revel

 

Le Barri(y)     occitan : faubourg (cf espagnol barrio), ancien nom du quartier situé au nord de Revel (place H. Laurent et rue des Fuziès)

 

Les Fuziès Ce nom est également celui d'une rue de Castres. Son origine reste obscure. Sur le cadastre de 1845 de Revel la-dite rue porte le nom de "Rue des Fayssiers". Fuziès pourrait alors être une altération du mot occitan faissiers signifiant porte-faix.

 

La Barque quartier à l'est de Revel, où était installé l'atelier de fabrication de barques à fond plat destinées à la navigation sur la rigole (1750) ; cet atelier appartenait à Jacques Sarrat, bourgeois de Revel, dont la maison existe toujours route de Soréze.

 

La Guirguille quartier qui fut appelé ainsi en raison d'un procès, dispute, chicane apparemment célèbre mais dont nous ne savons plus rien.

 

Le Linier occitan Lenhièr, bûcher, réserve de bois à brûler devenu un lavoir. Ce Linier, situé dans l'actuelle rue Roger Laffont était une réserve de bois communal. Sur son emplacement fut construit au XIXème siècle un lavoir disparu depuis 1945.

 

Waterloo origine inconnue.

 

Verrerie (route de Soréze) ancienne verrerie du XVIIIème siècle.

 

Les Bourdettes jardins potagers avec "bordettas" à cochon.

 

Le Patti ancien pati, pâtis, cloaque, fumier.

 

Les Ieisses     au singulier ieis, sortie (latin exitus). Dans le Revel ancien il y avait jusqu'au XIXème siècle :

- L'ieis du Farel

- L'ieis de Narbonne (avenue Ricalens)

 - L'ieis de Guirguille.

L'orthographe Hieis est à rejeter.

 

Padouvencs  à l'origine quatre padoencs, pacages communaux (verbe padoïr, faire paître).

 

ACCEUIL

 

 

 

 

 

Noms des Rues de Revel

 

- Les boulevards actuels ont été construits sur les anciens fossés (vallats) en 1779, sous le consulat de Raymond Basthoul, Pierre Mellis, André Escaffre, et Pellure. Ils ont alors constitué « La Promenade ».

 

- Rue du Temple, autrefois rue des Teinturiers, anciennement rue des Affacheries, c'est-à-dire rue des Tanneurs, (occitan afachaïre, tanneur; afacharia, tannerie). Le nom actuel date de 1834, année de construction du temple de l'Eglise réformée.

 

- Rue Victor Hugo : ancienne rue de Castres.

 

 - Rue Jean Moulin : ancienne rue de Soréze.

 

- La rue Marius Audouy est l'ancienne rue Saint-Antoine ainsi nommée en souvenir de la chapelle dédiée à Saint-Antoine du T, patron de l'ordre de St Antoine du Viennois qui se consacrait à secourir et soigner les malades atteints du "mal des ardents" ou "feu de Saint-Antoine" (causé par l'ergot du seigle).

 La chapelle fut construite en 1344 et rasée en 1577 par les Huguenots, maîtres de la ville. Marius Audouy est l'ancien maire de Revel, mort en déportation en 1945.

 

- Rue du Taur : nom emprunté à Toulouse ; le Taur est le taureau qui traîna Saint-Saturnin, martyr vers 250.

 

- Rue de l'Etoile : origine obscure ; il s'agit peut-être aussi d'un nom emprunté à Toulouse. La rue toulousaine de l'Etoile est une ancienne rue de la Stèla, monument romain non identifié.

 

- Rue du Four : rue du four banal, c'est-à-dire communal.

 

- Rue G. Sabo : Georges Sabo, notaire à Revel, est mort en déportation en 1944. La rue G. Sabo est l'ancienne rue Roquefort, et au XVIIIème siècle la rue des Frères (soit les frères prêcheurs Jacobins dont le couvent était situé Galerie du levant, à l'emplacement des maisons Gibert et Raymond, soit les frères Doctrinaires installés à Revel en 1680 par le Consul Alexandre Devals pour l'éducation de la jeunesse et la conversion des protestants).

 

- Rue des Escoussières : en occitan las escorsieras désigne un chemin de ronde, une rue qui longe les remparts (du latin : excursare, patrouiller).

 

- Rue du Cap Martel : origine inconnue. Un cap martel en occitan est :

- la maçonnerie qui fixe la tête d'une vanne,

- un clou à grosse tête,

- une terre en forme de hache,

- un têtard,

- un cormoran.

 

- Rue des Soeurs : nom rappelant les Soeurs de la Croix de Lavaur qui tinrent une maison d'éducation pour jeunes filles au XVIIIème siècle : cet établissement fut fermé en 1905 au moment de la Séparation de l'Eglise et de l'Etat.

 

- Rue des Ecuries : c'est dans cette rue que furent aménagées les écuries destinées aux troupes à cheval cantonnant à Revel, notamment les fameux dragons de Koenigsmark au moment de la Révocation de l'Edit de Nantes (1685).

 

- Rue de la Liberté : ancienne Caussade de Toulouse. (caussade, route pavée, le "pavé du Roi").

 

- Les quatre couverts ou garlandes (mot occitan : guirlande, couronne de mariée, bord de chapeau, couronnement de créneaux, séveronde d'un toit, margelle d'un puits, a donné garlandatge, galandage, colombage) :

-garlande haute : galerie du nord

-garlande de la minoterie : galerie du levant, appelée au XVIIIème siècle le couvent des moines -garlande basse : galerie du midi

-galerie du couchant : galerie de la volaille

 

- Pont Richard : origine inconnue.

 

- Fontaine de l'ile d'Elbe (1833) cf Waterloo ?

 

-Rue de la Colombe : origine inconnue.

 

Suite vers l'origine des noms de famille de Revel

 

 

ACCEUIL

 

 

 

 

SOURCES

 

Noms de lieux et de familles de Revel

 

Les noms de Lieux du Tarn - Abbé Nègre Ernest Toulouse ECHE 1986

Les Noms de famille en France - Albert Dauzat et Charles Rostaing.

Dictionnaire occitan-Français - Louis Alibert Toulouse Institut d'études Occitans 1966

 

 

 

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